Les sorties OFF


26 Décembre 2012 : Sur les traces de la bête. 

Le récit et les photos d'une virée en solo entre Haute-Loire et Lozère.







Le Suc D'arlempdes ? C'était le lieu choisi pour fêter Noël en famille. Un petit coup de Google Maps pour m'informer sur la Haute-Loire : il ne fallut pas longtemps pour me convaincre qu'il était impossible d'aller la bas sans se taper une virée !!! Restait à établir un parcours digne de ce nom, tache à laquelle je m'attaquai rapidement et ce grâce a Openrunner. Le chemin de Stevenson passant à moins de 10 km , je commençai donc à « composer » autour du GR70 connu grâce a Robert-Louis Stevenson, écrivain écossais qui relata dans « Voyage avec un âne dans les Cévennes » sa traversée des Cévennes, cette voie fut la base de la création de mon parcours.
GRP Tour de la Margeride, GR 412, GR40, Terres du Gévaudan, quelques petits chemins placés sur des points remarquables repérés ça et là grâce a Google Earth, finirent de sceller mon parcours. La trace me semblant fiable : j'en imprimai une version papier. Je sais que mon forerunner 305 tombe en panne sèche aux alentours de 12h45/13h00, le roadbook papier était donc indispensable. Le parcours m'apparaissait comme audacieux mais pas inhumain : 87 km pour 1600 mètres de dénivelé positif, c'était déjà un beau morceau pour moi ; je ne fais jamais d'entrainement en cote ...
J'assurais en plus avec mon smartphone avec une application que je n'avais encore jamais testé : Orumax celle-ci remplit les mêmes fonctions géographiques que mon bracelet magique. On n'est jamais trop prudent. 
Le seul point noir, c'était la météo. Le parcours est situé en Haute-Loire et Lozère : une rapide lecture Internet m'informa du caractère montagnard du climat : c'était clair, c'est l'hiver, je ne suis pas du tout un montagnard, je ne prendrais donc aucun risque : pas de beau temps = pas de sortie.

Après avoir zigouillé la moitié de mon forfait web de mon smartphone a consulter la météo local, le verdict tomba, Mercredi 26 Décembre 2012 : un peu de soleil, un peu de nuage, de 4 à 8°c, adjugé vendu, je prévins mes proches de la date de ma virée, j'eus tout de même un peu l'impression de les gonfler un peu avec ma randonnée, n'ayant de cesse de les tenir au courant de mon impatience ...


 La Méjeanne, superbe rivière proche du Suc d'Arlempdes


Mercredi 26 Décembre 2012, 5h15 du matin à Le Suc, lieu-dit dans la Haute-Loire. Je prenais la pose pour une petite photo avant le départ de ce qui s'annonçait être ma plus belle et plus longue épopée en solo. Comme vous vous en rendrez compte durant ce récit, je suis plus efficace en tant que randonneur qu'en tant que photographe et narrateur. C'est la dernière sortie de cet appareil de m...e et c'est mon premier compte rendu de la sorte.




Me voici donc parti, direction Moncoudiol : 500m de bitume puis j'attaquai de suite les choses sérieuses :
Je pris un petit chemin de terre ascendant sur 1,5 km. Celui-ci ruisselait abondement en raison de la fonte des neiges précédemment tombées 10 jours au paravant. Son ascension ne manqua pas de  me contracter rapidement les mollets ( je suis un chti, rappelez vous ...) Première belle surprise : des congères : de 50 cm a 1m d’épaisseur, s'étendaient sur 20 a 30m ; j'étais content, un vrai gamin, il y avait de la neige ...
Je me dis tout de même qu'il allait falloir y aller doucement car ça grimpait pas mal, je pourrais être parti pour plus longtemps que prévu, heureusement que j'avais imprimé mon Roadb.... Et ZUUUT !!!! J'avais oublié mon parcours papier au gite, arghhh, galère. J’hésitai un instant a faire demi-tour mais non, il me le fallait, la distance était conséquente : hors de question de faire l’économie de 2 ou 3 km et risquer de mettre en péril le bon déroulement de ma virée : je fis demi-tour.

Chouette de la neige ...






Lors de mon retour imprévu vers le gite, je remarquai des traces dans la neige, des traces de pattes de la taille de ma main, phalanges repliées : belle taille, me dis-je ... Je vous rappelle qu'il était 5h30 du matin et que la nuit sans Lune était d'un noir profond, que je me trouvais dans le territoire du Gévaudan, et puis surtout que les bords des routes étaient étrangement parsemés de cranes de moutons : j'en vis 2 sur 500 m la veille en me baladant sur le début de mon parcours, de quoi alimenter l'imagination ...





Me voici donc à dévaler ce chemin, retraversant les congères dans lesquelles je m'étais enfoncé au minimum jusqu’à mi-tibia, retrouvant le gite pour récupérer mon roadbook. Je repris mon trajet, ça c’était fait ...

Je traversais donc une 3eme fois les congères ... regrimpais vers Moncoudiol avec un peu plus d'humilité que la première fois. Passé Moncoudiol, je pris un chemin tour à tour boueux et couvert de congères toujours aussi épaisses et qui présentaient encore ces traces de pattes de plus en plus fraîches. Trop fraîches en fait.
Aboiements multiples, bruit caractéristique du chien qui court , je me retourne pour retrouver nez à ... truffes avec 3 chiens : un adulte et 2 chiots (déjà de belle taille !), provenant probablement de la ferme croisée un peu plus tôt. Le plus gros aboyait furieusement, sortait les crocs. Je tendis mes bâtons, il ne s'approchait plus et semblait détester la lueur de ma frontale que je lui dirigeais droit dans les yeux, mais ce ne fut pas pour autant qu'il recula. Moi qui déteste les chiens, j'étais servi, heureusement que j'avais mes bâtons. J'espérais tout de même de ne pas avoir à plagier Tiger Woods. A bien regarder, le plus gros d'entre eux, d'un gabarit équivalent à un labrador, aurait pu être l'auteur des traces, ou pas ...

Ils finirent par se désintéresser de moi après que j’eus parcouru un centaine de mètres à reculons. Bonjour la frayeur , je déteste les chiens errants ... Il me faudra bien 2 ou 3 minutes pour m'en remettre.

Note pour plus tard : les bâtons : ça ne sert pas qu'a marcher.

Après cet épisode dont je me serais passé, je repris mon périple, soulagé que rien de fâcheux ne soit arrivé : JE DETESTE LES CHIENS ERRANTS !!!! Je courrais tranquillement sur des chemins, soit de terre soit de bitume durant 4 kilomètres pour arriver à Landos, village bien connu des randonneurs pour être a la croisée du chemin de Stevenson, de la Voie Régordane et du sentier des Gorges de l’Allier. Selon un panneau informatif, il faisait 4°c mais je n'avais pas froid du tout, même s'il tombait un léger brouillard givrant.
Il n'y avait pas de vent, les condition climatiques étaient idéales, il faisait toujours noir.
Landos est un point de croisement de mon trajet, même si je ne l'avais pas fait vraiment exprès, je me dis que grâce à ce croisement, je pouvais écourter mon périple si j'en venais à trop en baver vers la fin.





Landos by night



Du km8 au km15, le parcours était plutôt plat et roulant, c'était agréable. Je traversais de sympathiques petits villages aux maisons typiques de la région: Ribains, LeMonteil, SaintHaon. 











Le chemin, en partie rattrapé par la nature m'obligea à opérer quelques détours pas piqués des vers.




et donc à enjamber des barbelés, descendre et monter des talus bien raides
















Via une petite route bitumée, je trottinais vers Le Thor, splendide lieu-dit, que je traversais sous la lumière du jour désormais bien levé. Mon GPS m'indiqua un petit chemin de terre coincé entre une magnifique bâtisse datant de 1836 et une maison plus classique.














J'étais loin de me douter que ce petit chemin de terre aboutirait sur l'un des points d'orgues de ma virée. En contre bas, une vue exceptionnelle sur les gorges de l'allier s'offrit à moi, avec 2 viaducs, la rivière avec ses tumultes et méandres, la ville, ainsi que des vestiges d'une tour. Ce fut magique, beau à pleurer. Je n'en étais qu'au 15eme kilomètre, et j'avais déjà eu une bonne dose d’émotion en tout genres et en prenais plein les mirettes : "le pied, pourvu que ça dure" me dis-je !!!






Les Gorges de l'Allier




J’entrepris alors la descente vers le fond de la vallée en empruntant un splendide petit chemin de terre abrupte, glissant, et couvert de grosses pierres instables. Je m'y amusais vraiment mais prenais tout de même garde de ne pas me tordre une cheville, c'eut été dommage. 

J'y découvris une plaque métallique commémorative rappelant l'incroyable labeur des ouvriers qui construisirent la voie ferrée des Cévennes. L'endroit était superbe, il me fallait pourtant garder à l'esprit que mon GPS n'avait qu'un autonomie de 13h. Je poursuivis donc ma descente pour finalement découvrir le viaduc du Nouveau Monde. Le lit de la rivière encore très vert pour la saison rendait le paysage superbe

La forme semblait en plus au rendez-vous, décidément cette sortie était un pur bonheur . Les congères avaient par contre totalement disparues, et ce n'était finalement pas une mauvaise nouvelle car à chaque fois que je passais à travers de la couche de glace du dessus, ce sont mes tibias qui en faisaient les frais ...




Une fois le viaduc de Chapeauroux franchi, je rattrapai le GR412, direction le Rocher des chèvres via un chemin à travers le Grand Bois . J'étais bien content d'avoir pris les bâtons sur ce coup là , ça tapait "droit dans le pentu" comme on dit.
Le GR s'étant parfois fait rattraper par la nature, le chemin semblait tombé dans l'oubli, à moins que je ne l'eusse loupé. En tout cas, jtais en plein sur ma trace GPS, et traversais un bien joli bois de châtaigniers.






Petit moment d’égocentrisme, il en faut ...







Les petites cotes se succédèrent. Pas du tout habitué à ce genre d'exercice, je préférai marcher rapidement plutôt que de me griller; en clair la dernière grimpette dans les bois m'avait bien calmé ..., ça n’arrêtera jamais jusqu'au 30eme kilomètre.



Les paysages étaient typiques de la Lozère dans laquelle désormais je traînais mes guêtres : de la terre caillouteuse, des sapins, des genets et des pâtures. Au 30 eme kilomètre,  je fis alors ma première pause, profitant d'une douceur inespérée pour manger un sandwich et faire sécher l'un de mes tshirt. J’étais toujours aussi bien, vraiment content d'avoir entrepris cette virée : je m’éclatais comme un gamin !!!!



J'étais bien,là ...






















Une impressionnante bâtisse rencontrée lors de la traversée d'un des nombreux petits villages




Superbe point de vue !!!!






Après la pause sandwich, direction le barrage de Naussac dans le but d'y rattraper le GRP Tour de la Margeride. Le lac de barrage est impressionnant, c'était l'une des belles étapes de ma balade. J'en pris pas mal de photos, seul bémol, le tracé était envahi de buissons épineux particulièrement acérés : mes baskets ( des racers ...) furent transpercées sans aucune difficultés par les impressionnantes épines. Ça piquait aux pieds ...
Puis, ayant retrouvé un parcours plutôt plat et plus praticable, j'en profitais pour courir et préserver du mieux que je pus ma vitesse moyenne qui était d'environ 7 km/h.















Langogne. Le paysage était un poil moins sexy et c'est un gare déserte qui m’accueillit ; peu importe, ce qui m'attira l’œil, ce fut un bistrot : je rêvais d'un coca, ça tombais bien. Je n'y fis seulement qu'une halte rapide pour remplir ma poche d'eau ; l’accueil y fut bon mais l’intérieur trop enfumé précipita ma fuite.









De cette ville, je n'en retiendrais qu'une statue terrifiante de la bête du Gévaudan, et une cote bien sévère ... ma difficulté à la parcourir fit par ailleurs bien rire quelques personnes affairées dans leur jardin ; mais ça m'était égal «j’étais dans l'ultra» et j'arrivais sur la portion du Chemin de Stevenson. 
Cette partie du parcours, je l'attendais avec impatience car elle est réputée pour sa beauté. J’eus par la suite tout loisir de vérifier que cette réputation n'était pas usurpée : c'est du pur chemin de randonnée avec des paysages pittoresques.










La portion entre Langogne et Pradelles marqua donc mon arrivée sur le GR70. Les congères étaient de retour, désormais plus épaisses ,plus longues, plus nombreuses, faites de neige humide et bien lourde, leur traversée devint un calvaire ; car au contraire de celles croisées au début du parcours, celles-ci n’étaient pas pourvues de cette solide couche de glace apte à supporter de temps en temps mon poids. Désormais chaque pas se soldait par une plongée dans 50 a 80 cm de neige avec un bon rinçage de pieds dans l'eau glacée qui ruisselait en dessous. Les levées de genoux qui me permettaient de m'en extirper devinrent de plus en plus difficiles : j'en était au 45eme km.








Un vent bien froid commençait à se lever. Je quittais la Lozère et retournais en Haute-Loire, me dirigeant alors vers Pradelles, ville charnière dans l'histoire de la bête du Gévaudan. Les chemins étaient de plus en plus splendides, quel plaisir !!!! L'approche de Pradelles via le GR70 m'offrit une vision digne d'une carte postale : j'étais en contre bas de la ville, superbe.






La trace étant à un moment interrompue par une clôture électrique, je trouvai là l'occasion de visiter un peu la ville. Je traversais alors Pradelles, passant devant la maison qui fut autrefois le siège de la traque de la bête. Un peu de lecture, des photos et c'est reparti.





Pradelles vu d'en bas


Pfiou, là, ça monte ...

Ah, ben là, ça passe pas ...


                                        Un détour qui valu le coup d’œil




Sympa, les petites rues de Pradelles






Le siège de la traque de la bête


 


Un hommage un peu rouillé a R.L Stevenson et son célèbre âne




La sortie de Pradelles fut un tournant dans mon épopée, et ce n'était pas les chiens que je dus encore menacer de mes bâtons qui en furent à l'origine, mais plutôt les 6 a 7 kilomètres de cotes dans une foret traversée par un chemin bien gras. 
Mais ce n'était pas tout : l'arrivée de la Burle, un foutu vent glacial en pleine face me fit pleurer les yeux. Quel contraste, alors j'avais du retirer une épaisseur en début de journée, je me vis contraint à enfiler un 3eme tshirt manche longue ainsi que mon bonnet.




 ça grimpe ...


 ça caille ...


 et il y a toujours les congères 


Le chemin redevenant plutôt roulant, j'en profitai pour accélérer un peu l'allure. Je traversai une foret privée sur 2 ou 3 km, puis me retrouvai sur un plateau. Les paysages étaient principalement composés de pinèdes et landes à genets parsemés de rochers et fréquentés par vaches et chevaux.
Les congères étaient toujours présentes et le vent soufflait de plus en plus fort, ça commençait même a piquer sérieusement, j'en étais sûr, la température est devenue négative.

Certaines pâtures à bestiaux n'avaient même pas de barbelés, voir 5 vaches aux cornes bien effilées foncer sur vous sur 50m et s’arrêter à 10m, ça fait drôle !!! Après les chiens, les vaches : ça c'est fait ...Pas sûr que mes bâtons de randonnée y furent pour quelques choses . J'en fus quitte pour une seconde belle frayeur. Me serai-je trompé de chemin ?





Ce paysage de moyenne montagne m'accompagnera jusqu'au 57 eme kilomètre,  la verdure fit alors son retour. 
Je traversais la voie vélo rail, celle-ci longe le massif de la Margeride et passe par des tunnels et des viaducs ; une activité qui doit être bien sympathique ; si je retourne dans la région , c'est sûr je le ferai !!!!




La voie vélo-rail passe sur ce viaduc





Je trottinais alors en direction de Landos, il faisait de plus en plus de vent, de plus en plus froid.  Sur ce plateau, je verrais des fermes et des maisons dont l'isolement me fit dire que l'hiver devait être bien long par ici ; et ce n'est pas les petits véhicules à chenilles que j'y vis qui me firent changés d'avis ...

La solitude éprouvée lors de cette portion ne dura pas, une énième chien fonça sur moi, mais à la différence des autres, ce n’était pas un chien errant puisqu'une dame l’appela, en vain ; et puis celui-ci n'aboyait pas : il me tournait autour avec l’évidente envie de jouer, il semblait toutefois peureux et ne se laissa caresser à aucun moment. Il m'accompagna sur pas loin de 2 ou 3 kilomètres et ne manqua pas de baver devant mon sandwich au jambon sorti lors de ma troisième et ultime pause.
J'étais alors à quelques kilomètres de Langogne, ville que j'avais déjà traversée tout a l'heure.



Mon nouveau compagnon de balade, le temps de 2 ou 3 kilomètres


Non, tu n'auras pas mon sandwich !!!!


Le vent soufflait si fort que j'en perdis mon bonnet dans un talus d’épineux. La fatigue aidant je l'y abandonnai lâchement. Tant pis, j’espèrais tout de même ne pas regretter cet abandon, comme je n'avais pas pris de gant , j’avais apprécié enrouler mes mains dedans ...

La traversée de Langogne fut anecdotique, à un détail prêt  : je sus désormais quelle était la température et ce , grâce a un panneau informatif d'une boutique : -6°c ... Je me doutais bien que ça caillait sévère. Le fort vent aidant, les conditions devenaient difficiles, hors de question de flâner, je pris la décision de trottiner en continue pour ne pas trop me refroidir, d'autant plus cette partie du parcours s'y prêtait, hormis les éternelles congères. 
Je traversais pas de loin de 6 kilomètres sur un plateaux dont l'altitude oscillait entre 1100 et 1200 m d'altitude, ce fut la partie sur laquelle je souffris le plus du froid. Privé de mon bonnet, j'enroulai mes mains dans ma veste imperméable, salvateur !!!!

Pas de photos pour ce passage, trop froid ...

Un coup d’œil sur mon GPS m'informa que je prenais la direction de la dernière ligne droite. Arrivé à Le Boucher-Saint-Nicolas, il ne me resterais plus qu'une vingtaine de kilomètres, je me dis qu'il fallait que je profite de l'instant, j'étais presque déçu d'en être déjà à ce point.




Un lavoir restauré à Landos


Direction Le Boucher Saint Nicolas







Arrivé à Le-Boucher-Saint-Nicolas, j'attaquai une portion commune GR70-GR40.
Bonne nouvelle : le vent. Comme je pris une autre direction , je me retrouvais avec le vent quasiment dans le dos, un vrai bonheur !!! Le parcours était plat, je courrais à 8 ou 9 km/h dans la boue. Je tiendrais ce rythme durant une bonne quinzaine de kilomètres.
Mauvaises nouvelles : les congères. A ce stade du parcours, traverser ces foutues accumulations de neiges de parfois plus d'un mètre d’épaisseur et longue de 15 a 30 mètres était simplement devenu un véritable calvaire : mes tibias étaient de plus en plus écorchés par la couche de glace qui recouvraient les congères, dur, vraiment dur.

Les congères, présentes uniquement sur le chemin bien sur ....






Le GR40 est encore un pur bijou pour randonneur : son thème principal : les volcans du Velay, c'est superbe !!!! De volcan, je n'en verrai qu'un, mais en serai comblé, tant on y reconnait la forme caractéristique du cratère. J'y verrais également mes premiers randonneurs de tout mon périple ... J'en accompagnai un sur quelques dizaines de mètres et lui comptai ma journée. Il eut, c'est certain, un peu de mal à croire qu'a mon arrivée ce soir, j'aurais parcouru plus de 85 kilomètres .

Les vestiges d'un ancien volcan devenu l'étang du Péchay











 Moramanga ? Trop loin ... moi je vais au Suc d'Arlempdes








Ma virée touchait à sa fin, la nuit commençait à tomber et une splendide Lune m'accompagnait. La Burle s’estompa aussi vite qu'elle s'était levée.



Il ne me restait plus que 7 ou 8 kilomètres, le panneau indicateur Arlempdes en était la preuve.





 Des épines, encore des épines ....


Le parcours redevint alors un vrai parcours de montagne : après une franche descente sur une route bitumée, je rejoignis un chemin pierreux très abrupte. Qu'il fut dur à parcourir : raide et constitué essentiellement de pierres instables, j'y laisserai mes dernières forces.


La nuit tombée, je savais que le terme de cette belle virée était proche, je profitais de chaque instant. Regardais une dernière fois mon GPS, et m'aperçu ... qu'il était éteint. Pas de panique, j'étais à 3 ou 4 kilomètres de l'arrivée et j'avais assuré mon parcours par mon smartphone et par une version papier. Je décidai finalement d'utiliser Google Nav pour rentrer, option piéton parcours le plus court ... erreur . Je traversai  une pâture, marchant à pas de loup entre les chevaux qui la peuplaient, enjambai les barbelés présents uniquement d'un coté de la pâture, traversai une nationale, puis un dernier petit bosquet d’épineux acérés pour finalement apercevoir le panneau final : « Le suc 1 km ».


Le Suc, c'est déjà la fin du parcours...


Comme pour faire durer le plaisir, je finis en marchant, il faut dire que le dernier chemin abrupte m'avait lessivé et que j'avais un peu mal à une hanche ; donc courir, je m'en passais pour cet ultime kilomètre, le 89ème ... Dernière cote et me voici arrivé, exactement 12h46 après mon départ, comblé par cette bien belle virée, ma plus longue en solo, ma première en montagne aussi moyenne fut-elle. Je n'aurais pas rencontré la bête et c'est probablement mieux comme ça...

Des sorties comme ça, c'est magique, ça marque une vie de randonneur. Le sentiment de liberté éprouvé ce jour fut intense. Ce qui est sûr, c'est ce n'est pas la dernière aventure du genre ; bien que je m'avance fortement, le calendrier étant déjà bien chargé ( un an ? ). La prochaine épopée de la sorte aura pour terrain  de jeu "Le Sentier Cathare". Qu'on se le dise.

Petite anecdote : finalement le chemin boueux entre Langogne et le Boucher Saint Nicolas ne devait pas être constitué que de boue, les narines de mes proches s'en souviendront longtemps, et mes baskets détruites par le parcours n'eurent plus que pour destin un voyage .... à la poubelle.





01 Aout 2010 : Le Trail du Val d'Heure : un peu en avance ...


Arrivé une semaine en avance sur le lieu du  Trail du Val d'Heure, ma légendaire tête en l'air avait encore frappé !!! Garé devant le château communal ou avait eu lieu le Trail l'année dernière ; j'attendais, gardant une once d'espoir que la placette du château se remplisse de trailer en manque de kilomètres : peut-être les organisateurs étaient -ils en retard ? pensais-je ... Vers 7h50, arrivèrent plusieurs voitures dont les occupants arboraient des tenues qui, sans aucun doute, prouvaient qu'ils allaient faire autre chose que de se rendre à la messe dominicale. J’allai dès lors à la pêche aux informations, verdict : "le Trail c'est la semaine prochaine, t'es en avance d'une semaine, aujourd'hui on fait une reconnaissance !!!" Cette nouvelle  changea la donne : je proposais de les accompagner, ce qu'ils acceptèrent avec enthousiaste me prévenant du caractère aventurier du parcours qu'ils n'avaient pas pratiqué depuis longtemps. Nous partîmes donc à 6 à un bon 10km/h, en profitant pour nous présenter les uns aux autres, un esprit de franche camaraderie régnait au sein de ce petit groupe. Ayant déjà effectué ce parcours, je savais à peu près a quoi m'attendre, à savoir : des routes de villages plutôt jolies, des terrils bien pentus, de pittoresques chemins de sous-bois dont certains longeaient l'Heure, une magnifique rivière à truite. Le  rythme était plutôt soutenu et était parsemé de pauses inévitables dues aux passages techniques : un régal pour les cuisses !!! Parfois nous cherchions notre route et j'apportais ma pierre à l’édifice, j'avais gardé une bonne partie du parcours en mémoire, ce qui ne manqua pas de faire rire mes compagnons : un lillois qui vient montrer le parcours aux locaux c’était plutôt comique. Le parcours fut bouclé en 3h26 pour une distance de 30 km, soit une vitesse moyenne de 8,6 km/h ce qui était plutôt rapide par rapport profil du parcours : l'année dernière j'avais mis 4h54 pour faire 36 km soit une moyenne de 7,3 km/h. De retour au château, l’étais pleinement satisfait de ma sortie : non-seulement j'avais rattrapé mon étourderie calendaire mais j'avais surtout accompli une grande partie du parcours du trail que j'avais planifié. Mes compagnons m'invitèrent au siège du club ou s’étaient rassemblé tout les amateurs de la sortie dominicale, chacun ayant fait sa sortie à son niveau. A ce moment la sortie improvisée passa du statut de très bonne sortie au statut de sortie mémorable : une double-tournée d'Orval, excellente bière belge vint clôturer cette magnifique sortie improvisée : un parcours superbe et exigeant, de franches rigolades et une bonne dose de convivialité firent de cette sortie un moment inoubliable. Comme quoi ma tête en l'air a parfois du bon. Vive les belges, leurs trails et leurs breuvages ...